Une victoire qui donne espoir

Après sept années de lutte et de plaidoyer intense mené par notre partenaire local IPROFOTH (Institut de promotion et de formation des travailleuses domestiques) avec les autres défenseurs des travailleuses domestiques au Pérou, le Congrès péruvien a ratifié, le 14 juin, la Convention 189 de l’OIT (Organisation internationale du travail) et sa recommandation 201.

Ce texte garantit aux travailleuses domestiques un contrat de travail écrit, le droit à une rémunération vitale minimum, à un repos payé, l’accès à la sécurité sociale… Ils obligent également les autorités à effectuer des contrôles au sein des familles.

C’est donc une grande victoire pour IPROFOTH, association fondée par des travailleuses domestiques pour des travailleuses domestiques, qui offre chaque année un accompagnement social, psychologique et juridique à plus de 300 travailleuses domestiques.

La pression exercée sur les autorités par IPROFOTH et ses partenaires se poursuit toutefois car il est encore nécessaire d’intégrer toutes les dispositions de cette Convention dans la loi péruvienne.

Les travailleuses domestiques ? Des esclaves modernes !

406.000 femmes au Pérou sont des employées de maison. Il s’agit le plus souvent de très jeunes filles ayant moins de 14 ans et qui fuient la pauvreté des campagnes pour rejoindre les grandes villes, principalement Lima, où vivent les familles les plus fortunées.

Ces familles les engagent - oralement - en tant que travailleuses domestiques et leur promettent un avenir radieux. La réalité est malheureusement bien différente. Sans contrat de travail écrit et loin de tout soutien familial, elles sont invisibles et les familles en profitent : maltraitances physiques et psychologiques, salaire indécent (moins de 15% seulement gagnent le salaire minimum légal de 950 soles par mois, soit environ 240 euros). Les travailleuses domestiques sont tout simplement traitées comme des esclaves.


« IPROFOTH m’a fait comprendre que j’étais un être humain comme les autres et que j’avais des droits ! »
Anna Maria
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